CR de débat

Débat du mercredi 8 juin sur une société alternative
(Rapporteur : Patrick)

– Le débat s’engage sur la sortie de notre société du travail pour s’engager sur le chemin d’une société du temps libéré.
Pour commencer il faut que tout le monde travaille mais très peu, juste le nécessaire pour assurer les besoins fondamentaux à la survie matérielle de la société. Le temps ainsi libéré des contraintes économiques sera un espace de liberté pour chacun d’entre nous où l’on pourra cultiver son épanouissement personnel par la convivialité, la solidarité, la créativité, et bien d’autres choses encore……..

– La force de travail ce sont les êtres humains qui la fournissent et au fil du temps et du progrès technique elle est de moins en moins nécessaire. Des emplois disparaissent et des gens souffrent du chômage.

– Le progrès technique doit être au service du progrès social et non de la rentabilité.

– On ne peut évoquer le thème du travail sans évoquer celui de la consommation. Si nous consommons moins nous travaillerons moins. Evitons le superflu et concentrons nous sur le suffisant.

– C’est ce qu’on appelle la simplicité volontaire : « consommez moins pour mieux vivre ». Ce peut être une voie, mais elle peut être vue plus comme une conséquence du changement que comme sa cause. C’est-à-dire que nous consommerons moins parce qu’il aura été mis en œuvre une réduction massive de la durée de travail et un partage équitable des richesses.

– Il faut être très attentif dans la baisse de consommation. Il faut définir clairement et démocratiquement le superflu et le nécessaire. La décroissance doit être sélective, ce sont les riches qui doivent moins consommer et pas les pauvres.

– Oui, il faut faire très attention à la simplicité volontaire et veiller à ce qu’elle soit vraiment volontaire. Le système capitaliste a une technique infaillible pour réduire la consommation : transformer un produit courant en produit de luxe, si tel est son intérêt.
Par exemple le pétrole qui devient rare et qui pollue. Comme le capitaliste veut continuer à se déplacer vite et dans le confort ainsi qu’à respirer de l’air pur il va jouer sur le prix de l’essence. Un litre d’essence à 50 euros limitera les déplacements en transport individuel aux seules personnes qui en auront les moyens financiers. On construira moins de voitures et les bénéfices se feront toujours sur un autre produit de masse (transport collectif de mauvaise qualité mais rentable par exemple).
Le capitalisme peut être écologique mais il restera toujours inégalitaire.

– En ce qui concerne la répartition équitable des richesses, c’est l’état qui doit intervenir et son outil c’est l’impôt. C’est lui qui peut permettre une juste redistribution des richesses produites. Il faut revenir à un système où c’est l’état qui reprenne la main sur la finance.

– Il se pose alors la question de l’argent. Aujourd’hui il n’est que virtuel et ne repose que sur des dettes ; l’argent fabrique de l’argent alors qu’il ne devrait servir qu’à l’échange.

– Il faut réfléchir à la question de l’impôt. L’impôt confiscatoire au dessus d’une certaine limite d’accumulation peut paraître une solution raisonnable pour une juste répartition des richesses. Mais si on reste dans un système capitaliste qui pour perdurer encourage fortement l’enrichissement personnel il y aura alors contradiction entre l’injonction « enrichissez vous et toute la société en profitera » et le fait de taxer à 90% celui qui aura obéi à cette injonction.
Dans ces conditions l’impôt confiscatoire ne peut être mis en place que sur une brève période (les trente glorieuses) avant que la logique du système demande une baisse des impôts.
Au lieu de taxer l’accumulation ne vaudrait il pas mieux agir en amont et faire en sorte de rendre impossible cette accumulation excessive ?

– Il faut aussi poser la question de l’état : en faut il un, et si oui qu’est ce que l’état ? L’état c’est nous et pas seulement des institutions. La question de la démocratie est essentielle : sans démocratie réelle le changement est impossible.

– Mais comment faire pour franchir le mur de l’égoïsme des hyper riches. Ils n’accepteront jamais de partager autre chose que des miettes ; comment éviter ou répondre à la violence prévisible de leur réaction ? Le pacifisme est il une option valable dans ce contexte ?

– C’est à partir du moment où les châteaux ont brulé que les nobles ont accepté d’abandonner leurs châteaux.

– Si on est pacifique on ne doit pas accepter de se laisser matraquer. Si on veut nous déloger d’une place il ne faut pas insister ; il faut partir avant la violence policière et aller occuper une autre place et ainsi de suite. Une sorte de guérilla pacifique.

– Il faut en revenir à des notions très simples : l’économie doit être basée sur les ressources humaines et naturelles et l’argent être en adéquation avec les besoins. C’est-à-dire qu’il ne doit servir qu’à l’échange et rien qu’à cela.

– On pourrait peut être permettre une certaine limite d’accumulation pour permettre la production d’un nouveau produit. Cette permission doit être accordée après une concertation démocratique sur la revalorisation de nos besoins.

– Pour en revenir à l’état : « qui a le savoir à le pouvoir ». Démocratisons le savoir et nous aurons alors un état démocratique ou peut être n’aurons nous plus besoin d’état.

– La hiérarchisation de la société est elle une fatalité ? Il ne doit pas y avoir de paroles au dessus des autres.

– Nous sommes ici dans une expérience démocratique où toutes les paroles se valent, toutes les pensées sont légitimes. Tout ce qu’on sème actuellement on le récoltera plus tard.

– Il faut sacraliser l’espace rural, inventons un pacte qui ne donne plus le droit d’empiéter sur les terres cultivables.

– Pour cela il faut repenser la ville dans la verticalité pour préserver l’espace rural.

– Non, il faut plutôt voir la ville dans l’horizontalité : des maisons individuelles avec chacune leur petit lopin de terre.

– Il y a suffisamment de place et de ressources dans ce monde pour que chacun puisse s’épanouir. C’est l’inégalité qui crée le déséquilibre et l’injustice.

– Oui il faut une alternative, une société où chacun doit pouvoir vivre à sa convenance, où chacun se sente à sa place et où chacun aura la réelle possibilité d’en changer si celle-ci ne lui convient plus.

– Il peut surgir un grave problème si chacun a vraiment la possibilité de faire ce qu’il veut. Plus personne ne voudra travailler, surtout pour les travaux indignes et ingrats (éboueurs par exemple. La société tombera alors dans le chaos

– Le travail est une activité improbable dans le sens où il est désigné par la société comme indigne. On se trouve là dans la dimension fondamentale du travail vécu comme contrainte car personne ne veut le faire. Il est réservé à une catégorie de la population que l’on considère comme insignifiante. A l’autre extrémité de l’échelle il y a ceux qui dominent économiquement comme intellectuellement. Ceux là ne travaillent pas car ils se sont proclamés les « excellents » de notre société et ils ne peuvent s’abaisser à des tâches aussi basses.

– Dans une société alternative où tout le monde travaille, c’est-à-dire où tous participent aux activités nécessaires à la survie matérielle de la société, il n’y aura plus d’excellents ni d’insignifiants, il n’y aura que des partenaires. Ces travaux nécessaires et pas toujours agréables ne représenteront plus en terme de temps qu’une toute partie de la vie de chacun. Se soustraire à ces quelques heures de travail hebdomadaires ce serait s’exclure de cette société paisible libérée en grande partie de la contrainte, de la subordination et de l’inégalité.

– En créant un sens existentialiste à la société on libère du temps pour l’amour, le respect, la spiritualité, la créativité, l’émotion, la convivialité, la solidarité et même pour l’ennui et la lenteur.

– Soyons reconnu pour ce que l’on est et pas seulement pour ce que l’on fait ou ce que l’on a.

« Este mundo esta embarazado de otro mundo posible »
(Ce monde est enceint d’un autre monde possible)

Eduardo Galeano

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Second CR de débat

Débat sur le thème « Comment transformer le changement ?»

Discussion-débat dans le cadre du mouvement « démocratie réelle »
lors de la journée du 02 Juin à Aix en Provence

Cette question peut ne pas être comprise au premier abord. Elle est volontairement travaillée pour paraître absurde, se plaçant dans la dénonciation du changement promis par tous mais réalisé par personne. Nos hommes politiques sont chacun, plus les uns un que les autres, acteurs d’un changement qui ne fait que repeindre la façade de notre système (économique, social, politique).
Comment fait on pour transformer le changement, pour que le changement soit nôtre et que l’avenir porte nos idéaux ?

« Aujourd’hui, le changement ne semble pas possible par le vote. » Un moyen que l’on peut par contre utiliser est la consommation. Nos choix de consommation peuvent être porteur de transformation sociale. L’économie est dépendante de nous. Si on arrête de consommer, tout s’arrête. Pour transformer la société, il faut que chacun apprenne à séparer ses besoins fondamentaux des besoins superflus.

« La question qu’il faut se poser, c’est quoi changer, avant de se dire comment. » Une des réponses à donner, c’est qu’il faut changer l’économie. Le tiers-monde meurt/subit notre économie.

« Et si on éliminait l ‘Euro ? » Depuis que l’Euro est en place, les prix on été multiplié par 4.

« Ce n’est pas imaginable. » D’abord, ce n’est pas lié à l’Euro si les prix ont augmenté.  Ensuite, ce serait une catastrophe de sortir de l’Euro.

« Il faut réapprendre à rêver » On nous dit que bien des choses sont impossibles mais c’est avant tout pour nous placer des œillères. La première étape de nos réflexions doit être l’imagination. La construction de modèle réaliste vient après seulement. Si on ne rêve pas, on ne peut pas sortir du système. On est dans un monde où on doit tous avoir plus. Pourquoi est-ce alors inimaginable d’avoir plus de sécurité sociale, plus de soin, plus d’éducation ? Il faut sortir des sentiers que l’on nous bâts.

« Le manche est du côté de l’égoïsme. » Il faut trouver une société dans laquelle tout le monde ait sa place.

« Il y a un désintérêt de la politique car elle ne génère plus d’espoir. » A qui donner le pouvoir ? A nous, c’est évident. Il faut un projet de société. Les gens n’adhèrent plus au système.

« Il ne faut pas nécessairement des revendications. » Les révolutions arabes ne se sont pas faites en proposant des alternatives, elles n’avaient pas de revendication propre. La question est comment prend-on le pouvoir ? Qui a intérêt aux changements ? On ne peut pas nier qu’il existe des convergences d’intérêt entre des classes. Il faut prendre le pouvoir à ceux qui l’ont, à l’oligarchie.

« On ne peut pas dire que les révolutions arabes n’avaient pas de revendications » Il y avait dans ces mouvements une volonté explicite de liberté et de démocratie.

« Si les Tunisiens prennent pour exemple notre démocratie, ils vont être déçu. »

« Par le passé, l’association ATTAC a développé des idées très intéressantes ». Tous n’est pas a créer, beaucoup de gens ont déjà réfléchi à la question. Autant s’intéresser à ce qu’ils ont fait plutôt que de repartir de zéro.

« Les dirigeants n’ont pas intérêt aux changements » Pour avoir notre mot à dire, il va y avoir une lutte. Dire que les politiques sont pourris, c’est les aider. Le moyen de transformer le changement c’est de réunir les partis de classe. Les dirigeants ont conscience de leurs intérêts. Il faut que l’on ait conscience des nôtres.

« Il faut avoir des revendications derrière le changement. » Lors de la révolution tunisienne, ils avaient des revendications… Ils ne pouvaient pas se réunir à 3 là-bas. Ici, il faut être conscient d’où on part et évoluer petit à petit. A chaque révolte, on va plus loin.

« Attac a ses limites. » A la base, l’association a été crée par des gens venant d’horizons politiques différents (syndicats, partis politiques, société civile…). A la base, on ne pensait pas que ça pourrait prendre une telle envergure et l’association n’a pas été pensée de façon à ce qu’elle puisse croître suffisamment.

« Ce n’est pas seulement aux opprimés de se révolter. » C’est aussi à ceux qui sont en situation de compassion avec eux. C’est à partir du moment où on désire autre chose qu’on l’obtient. On est dans un état de pourrissement de la classe politique, il faut changer.

« Il y a deux grands états dans les classes sociales ». La classe « en soi » correspond à une situation dans laquelle les individus d’un groupe ont les mêmes intérêts. La classe « pour soi » correspond à une classe « en soi » dans laquelle les individus se reconnaissent en tant que classe (conscience de classe). Trois désirs fondamentaux comme revendications : la justice sociale, l’égalité et le progrès social.

« Le droit de vote montre ses limites. » Il faut reprendre du plaisir dans la décision politique. On a besoin de chose hors de la raison. De désirs et de plaisirs. Il faut créer un rapport de force autrement.

« A 42 ans, c’est ma première participation à une assemblée générale locale. » Ce qui me plaît, c’est que tout le monde a la capacité de s’investir. Rien que le fait de parler à des inconnus, c’est une excellente chose. C’est le début de la démocratie participative. Il faut apprendre aux gens la rencontre et la discussion. Le mouvement ne doit pas être porteur d’un programme.

« Il faut sortir de la logique économique. » Il faut valoriser autre chose. L’économie découle de la politique, il faut donc privilégier la politique.

« Il ne doit y avoir personne au pouvoir. »  Toutes les idées doivent être écoutées. On doit vivre dans un fourmillement collectif d’idée. Tout le monde peut apprendre à diriger. C’est le peuple qui doit être au pouvoir.

« L’essentiel est de discuter… Oui et Non. » Il y a un indignement globale. Il faut que quelque chose sorte de ce mouvement. J’aime l’élan fraternel du mouvement. On lance un appel aux forces de l’ordre d’être au service du peuple.
On peut profiter de ce jour pour réfléchir à des revendications.

« On peut prendre la mairie. » Pas par la force mais par la voie du peuple en se présentant aux prochaines élections. Les élections au niveau national semblent complètement inaccessible par leurs envergures. Une élection comme celle de la ville d’Aix semble plus envisageable. Il faudrait faire campagne en promouvant la démocratie la plus directe possible. Si jamais nous sommes élus, on pourrait mettre en place des assemblées de quartier qui pourrait prendre de vrais décisions. On les doterait d’un budget participatif pour que ces décisions puissent vraiment aboutir sur quelque chose. Il y a des villes où le budget participatif correspond à la moitié du budget de la ville.

« Il faudrait qu’il existe à Aix une agora, un lieu d’échange et de partage. » Un lieu comme celui-ci mais qui soit permanent et couvert. Un lieu où l’on puisse se réunir. Et des salles de réunion à disposition pour les associations.

« Un moyen de suivre la politique d’une ville est d’assister au conseil municipal ». On peut ainsi suivre toutes les décisions, ce n’est pas opaque. On ne peut toutefois pas intervenir.

« Il y a une distorsion entre l’oligarchie et le reste de la population. » On a pas la parole et on veut s’exprimer.

« Pour avancer, il faut un débat contradictoire. » On est conscient qu’on veut autre chose, on sait pas encore quoi précisément. Les différentes utopies n’ont jusqu’ici pas fonctionné. La chose essentielle est de débattre. Il faut essayer de s’éclairer.

« Il faut tout changer d’un coup. » Le peuple en entier doit avoir le droit de choisir. De partager les bonnes idées. Les idées sortent du peuple. Il faut l’écouter.

« Notre expérience est inédite aux yeux de tous le monde. » Le manifeste espagnole parle de la rue comme d’un lieu légitime pour exercer notre démocratie. Nous devons nous aussi écrire un manifeste, une production réalisée par tous.

« L’exemple des Assemblées de Quartier existe déjà. » Les ville de plus de 10 000 habitants sont obligées de créer des Assemblées de Quartier et ça ne fonctionne pas. [ndlr : après recherches, ce sont les villes de plus de 80 000 habitants qui sont obligées ; ces assemblées sont consultatives]. Il faut faire comprendre que la politique, ce n’est pas chiant. Ce mouvement doit donner envie de particper.

« Le seul programme que l’on peut présenter, c’est la parole pour tous. » L’indignation doit représenter la fin de l’indifférence. »

« L’histoire est cyclique. » On ne se rappelle malheureusement pas des erreurs du passé et c’est pour ça que l’on arrive pas à évoluer. On va même jusqu’à supprimer l’Histoire en terminale pour la filière scientifique ! Lors de la crise de 29, le protectionnisme a eut pour conséquence un repli sur soi général et une tension mondialisée.

« La représentation nationale est trop centralisée. » Il faut un partage des compétences plus local. Il faut initier une démocratie la plus directe possible au niveau local. Au plus haut niveau, il faut que ce soit le plus participatif possible.

« Avant de penser à une constituante, il faut fédérer du monde. » La journée du Dimanche 5 Juin est à ce titre très importante. Il faut faire les choses dans l’ordre.

«  A Paris, les indignés ont été virés de la place de la Bastille. » Le pouvoir a peur de l’ampleur que le mouvement peut prendre. C’est bon signe. La priorité est de massifier le mouvement.

« Il y a encore des manques au niveau logistique. » Il faut que tout le monde s’investisse. Il faudrait diffuser aussi dans les quartiers défavorisés mais aussi aux paysans (qui peuvent être un appui).

«  Il faut que l’on soit un minimum organisé.  » Il faudrait rapidement que l’on fasse notre première assemblée générale. Il faut que notre mouvement soit un bel exemple d’auto-organisation pour que l’on puisse produire un résultat ensemble.


Un forum en ligne pour prolonger le débat

Venez vous inscrire et participer !

C’est par ici.


Mobilisation Ce Dimanche 5 Juin 2011!

Bonsoir à Tous,

 

Les intempéries de ces derniers jours ont laissé peu de place à notre mouvement. Il ne faut cependant pas décourager. Dimanche 5 Juin, nous serons réellement mobilisés et présents en Masse.

Je vous invite donc à rejoindre notre centaine d’indignés à La Rotonde à partir de 14h et ce pour l’après Midi entière. Au programme, de véritables AG, des débats, de la bouffe et de la musique.

 

Montrons à nos gouvernements que nous n’avons pas besoin d’eux et de leur soit disante représentation qui ne leurre personne.

Mobilisez vous!


Un compte-rendu de débat

Débat sur le concept de  propriété
au sein de la thématique de répartition des richesses

Discussion-débat dans le cadre du mouvement « démocratie réelle »
lors de la journée du 31 Mai à Aix en Provence

Doit-on assurer la propriété à tous ? Doit-on garantir un toit pour chacun ?
Ses deux premières questions posent le socle d’un débat. Dans notre société, certains vivent dans l’aisance de l’accumulation de propriété alors que d’autres se débattent chaque jour pour trouver un lieu ou dormir. L’injustice semble évidente.

« Je n’ai jamais voulu être propriétaire » Pour cet homme, la propriété, c’est le droit à l’accumulation. Le droit de posséder implique la déviance d’accumuler. Le droit d’avoir un toit doit passer avant le droit de posséder.
Pour cela, il faut peut-être une interdiction d’accumuler. En Espagne et aux États-Unis, le rêve d’un tous propriétaire dans notre  société à été une catastrophe.

« Il y a deux types de propriétés » la propriété productive qui est celle qui rapporte et la propriété improductive que l’on possède dans une visée non lucrative. La propriété productive est spéculative, l’autre répond avant tout à un besoin fondamental.

« La différence n’est pas si évidente » Une personne qui possède une maison pour son propre besoin peut décider de la vendre à un prix supérieur à son prix d’achat. Dans ce cas, la séparation entre bien productif et bien improductif n’existe plus.

« La propriété du sol est une des plus vielles des accaparations ». La propriété du sol a commencé lorsque quelqu’un a dit un jour, « ici, c’est chez moi ». A l’époque, cette accaparation s’est faite par la loi du plus fort. Les biens patrimoniaux qui se sont transmis jusqu’à aujourd’hui sont donc basés sur cette injustice de base. Maintenant que tous le monde s’oppose à la loi du plus fort, il faut remettre cette injustice à plat. La terre doit être une propriété collective.

« Au moyen-âge, les prix étaient délimités par le prix de production. » Désormais, les prix sont avant tous fixés par les propriétaires.

« Dans le système actuel, il y a des choses à imaginer pour faire baisser les loyers ».Actuellement, le poste du logement représente souvent la moitié du budget d’un foyer, et même plus pour les étudiants.
Plusieurs pistes :
Taxer fortement l’héritage pour empêcher les maisons secondaires habités trois semaines dans l’année.
Réaliser une taxe progressive, fonction du nombre de propriété.
Fixer un prix par mètre carré moyen et surtaxer les propriétaires qui fixent leurs prix au dessus
Limiter la spéculation lors des ventes de bien immobilier.

« Il ne faut pas perdre sa vie à la gagner » pose la question du temps de travail rapport à nos dépenses. Il y a deux origines à la richesse : le travail et le capital. La richesse créée uniquement à partir de capital est de la spéculation. On crée de la valeur à partir de la valeur.
Pour éviter cela, il faudrait un office publique de gestion du logement. Il faut bien sûr financer cet office. Cet office peut être financé avec une socialisation dans des secteurs économiques importants.

« Il faut lier la propriété au travail » car la première vient du second. Il faut réduire le travail à ce qui est suffisant.
La taxation c’est rester dans le système.

« Dans notre société, on veut toujours plus ». Pour ne pas permettre l’accumulation, il faudrait limiter le désir de progrès. Il y a un progrès qui satisfait mieux nos besoins et un autre qui en crée de nouveaux. Il faut faire un choix. De la même manière pour l’héritage, il est illégitime dans la transmission qu’il réalise. Il faut le limiter.

« Si l’on assure à chacun la satisfaction de ses besoins fondamentaux, il ne faut pas priver de liberté d’accumuler. »

« Dans mon pays, au Brésil, les gens se contentent de peu. » Pour être heureux, il n’est pas nécessaire d’avoir une quantité de bien importante.

« Permettre de satisfaire les besoins de chacun, ça s’appelle le service public ». La grande question, c’est le financement.

« Un entrepreneur marseillais a un patrimoine de plus d’1,5 milliards d’euros ». Il faut aller plus loin que juste permettre des besoins minimum. Il faut limiter la folie.

« On voudra toujours vivre mieux » et tant mieux. Il faut comprendre que mieux n’est pas forcément plus. Il ne faut plus fonder le bonheur sur un concept matérialiste, sur un bonheur matériel. Il faut arrêter avec la haute idée qu’on a du progrès, sortir de l’utopie progressiste.

« La propriété crée l’innovation ». Le fait que l’on puisse s’enrichir nous pousse à le faire. Et les gens autour de ceux qui s’enrichisse reçoivent les externalités positives. Du vice née la vertu.

« Si tous le monde vivait comme nous, il faudrait 4 planètes ». Il faut repenser tout.

« Il y a une différence dans l’appréciation ». Dire que les externalités positives découlent sur les autres est faux. Elles sont accaparés.

« Notre génération vit moins bien que la précédente. » Il y a un réel problème au niveau du travail. Pas assez de travail pour tout le monde.

« La décroissance ne doit pas être imposé. » La décroissance est avant tout une philosophie plus qu’une politique. La première des décroissances doit être celle des inégalités.

« A qui profite la recherche ? ». C’est en grande partie la recherche qui crée de nouveaux besoins. A un produit nouveau, il y a un besoin nouveau. Il faut choisir ce qu’on veut que recherche la science pour contrôler ce qu’elle trouve.

« Il y a une réflexion a mener sur la révolution informationnelle. » Une partie des biens et services sont maintenant (potentiellement) immatériel (livre, logiciel, musique, visioconférence…). Ces biens immatériel ont la possibilité d’appartenir à une personne sans en déposséder une autre. On peut les partager de manière non exclusive. Cette révolution appuie le fait que le bonheur n’est pas lié à l’accumulation du capital.

« Le patrimoine au niveau mondial n’est détenu qu’à 2 % par les femmes » Il y a donc aussi une inégalité au niveau des sexes.

« Notre argent appauvrit » Le cercle vertueux est une idée absolument fausse. Par notre consommation, on opprime une partie des peuples du Sud qui jadis se passait plutôt bien de nous.

« Il faut un débat national démocratique sur nos besoins ». On doit définir ensemble les besoins que l’on trouve fondamentaux et on doit les assurer pour chacun. On doit après ce choix ne produire que ce dont on a besoin.

« Les femmes sont naturellement moins intéressées par le pouvoir » Elles sont donc moins intéressées par la propriété et moins propriétaires.

« Sur un jeans à 100€, seul 10€ représente les coûts de production ». Le reste c’est en grande partie du marketing. Le marketing, c’est casser de façon organisée la façon de gérer nos priorités.

« Je suis contre l’idée d’avoir une politique de sélection collective des besoins ». Il faut se méfier de l’Etat. Qui a mis en place le nucléaire en France. L’Etat. Il faut éviter de lui donner trop de pouvoir.

« L’Etat n’est pas une personne ». L’Etat a pour objet la défense de l’intérêt général. Il semble évident que si nous souhaitons un choix collectif pour de grands domaines (besoins, économie, énergie…), nous voulons aussi que l’Etat, qui est chargé de mettre en application ces décisions, soit lui aussi différent. Nous ne voulons plus que l’Etat soit représenté par une personne. Il faut que l’Etat soit un collectif. Le peuple n’a pas été consulté par rapport à la mise en place du nucléaire.

« Le choix du nucléaire doit être un choix collectif ». On doit débattre des avantages et des inconvénients puis décider ensemble.

[Un thème de débat est proposé pour un jour prochain : « Démocratie et Développement » ]

« On devrait utiliser le progrès technique pour travailler moins ». Depuis le début de la production humaine le progrès nous a fait produire plus avec autant. On devrait plutôt utiliser ce progrès pour produire autant en travaillant moins. Cet usage du progrès technique a raréfié le travail. Il faut changer cela et partager le travail. Le bien-être pour tous va avec le partage du travail. Le mot décroissance est trop péjoratif. Utilisons plutôt suffisance.

« Nous ne sommes pas libres » Il n’est possible d’être libre que si on est conscient de tout (lors du processus de production notamment).

« Pour décider collectivement de nos besoins, il faut avant tout se baser sur nos ressources ». Cela semble illogique de faire l’inverse. Il y a des choses que tous le monde devrait avoir au minimum.

« Certains salaires sont irréels ». Il y a des salaires beaucoup trop hauts. Il faut les limiter.

« Le peuple doit posséder mais aussi décider ». Et puis pourquoi la démocratie s’arrêterait à la propriété ?

« Il faut se partager le progrès technique » Le progrès technique permet de gagner en bien-être. Il faut décider ensemble de comment se répartit ce progrès. « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ».

« Même pour les libéraux, certains investissements ne peuvent pas être fait par le Privé.»

« Une classe sociale se réfère toujours à la classe au dessus » Il faut brider ou conscientiser les classe hautes (adoption d’une éthique) et tout ira mieux. Intéressant à lire : Zinn Howard Une Histoire populaire des Etats-Unis.

« On rentre dans un monde tellement nouveau que tout le monde est perdu » Le mouvement de démocratie réelle commence à faire peur aux dirigeants. Il faut continuer et amplifier la  peur.

« Si il y a une décision prise à 51% contre 49%, ce n’est pas une bonne décision ». Le consensus absolu n’est pas non plus une bonne chose car il peut empêcher de prendre des décisions à cause d’une personne.


Une galerie d’images de nos RDV quotidiens

C’est par ici.


Un manifeste pour les Indigné-e-s Aixois ?

Comme dans le précédent billet, nous avons besoin de votre apport pour enrichir ce texte. Merci d’avance !

Ce forum, qui nous fait vivre une expérience inédite et surprenante, est le lieu par lequel la démocratie va se régénérer.

Par la réappropriation de l’espace public, il ne s’agit pas seulement de replacer le politique au coeur de la cité, mais de créer et faire vivre le lieu où les citoyens et citoyennes de toutes origines, de toutes sensibilités et de toutes conditions peuvent aller à la rencontre de l’autre, leur concitoyen, leur prochain, cet autre soi-même.

Qui que nous soyons, chacun de nous est porteur d’une vérité. Favoriser un point de vue au détriment de tous les autres est une perte en termes de possibilités de renouveau et la source de grands déséquilibres.
C’est par l’échange de nos différents angles de vues et la confrontation de nos idées que par synergie nous créerons un nouvel art de vivre ensemble respectueux de notre planète, de la vie qu’elle porte, du bien-être des sociétés humaines. La solution pour parvenir à ce nouveau paradigme naîtra de la communication et du partage entre tous.

Ce forum n’a pas pour vocation de prendre des décisions pour la communauté, il se veut cet indispensable espace libre et non-formel qui va inspirer et nourrir le système démocratique par ce qui constitue son socle premier: le savoir et la conscience des citoyennes et des citoyens.

Un lieu où nous pourrons, tous, ensemble, ériger les règles de nos rencontres, les sujets que nous abordons et la forme de nos discussions, un lieu pour nous réapproprier les mots, la parole, la pensée, sur la durée.

Il ne s’agit pas d’un lieu défini, ni dédié, ni institutionnel, mais d’un rassemblement spontané et légitime, qui ne souhaite pas devenir pour les citoyens qui n’y participent pas une entrave à leurs occupations quotidiennes.
Cependant, l’espace public appartient au moins autant si ce n’est plus à la citoyenneté qu’à, par exemple, la consommation. Nous espérons donc voir nombreux ces citoyens qui, rencontrant le Forum d’Aix en Provence par le hasard de leurs allées et venues, verront naître en eux l’envie de se joindre et de faire porter leur voix dans le grand dialogue de la Démocratie Réelle.