Un compte-rendu de débat

Débat sur le concept de  propriété
au sein de la thématique de répartition des richesses

Discussion-débat dans le cadre du mouvement « démocratie réelle »
lors de la journée du 31 Mai à Aix en Provence

Doit-on assurer la propriété à tous ? Doit-on garantir un toit pour chacun ?
Ses deux premières questions posent le socle d’un débat. Dans notre société, certains vivent dans l’aisance de l’accumulation de propriété alors que d’autres se débattent chaque jour pour trouver un lieu ou dormir. L’injustice semble évidente.

« Je n’ai jamais voulu être propriétaire » Pour cet homme, la propriété, c’est le droit à l’accumulation. Le droit de posséder implique la déviance d’accumuler. Le droit d’avoir un toit doit passer avant le droit de posséder.
Pour cela, il faut peut-être une interdiction d’accumuler. En Espagne et aux États-Unis, le rêve d’un tous propriétaire dans notre  société à été une catastrophe.

« Il y a deux types de propriétés » la propriété productive qui est celle qui rapporte et la propriété improductive que l’on possède dans une visée non lucrative. La propriété productive est spéculative, l’autre répond avant tout à un besoin fondamental.

« La différence n’est pas si évidente » Une personne qui possède une maison pour son propre besoin peut décider de la vendre à un prix supérieur à son prix d’achat. Dans ce cas, la séparation entre bien productif et bien improductif n’existe plus.

« La propriété du sol est une des plus vielles des accaparations ». La propriété du sol a commencé lorsque quelqu’un a dit un jour, « ici, c’est chez moi ». A l’époque, cette accaparation s’est faite par la loi du plus fort. Les biens patrimoniaux qui se sont transmis jusqu’à aujourd’hui sont donc basés sur cette injustice de base. Maintenant que tous le monde s’oppose à la loi du plus fort, il faut remettre cette injustice à plat. La terre doit être une propriété collective.

« Au moyen-âge, les prix étaient délimités par le prix de production. » Désormais, les prix sont avant tous fixés par les propriétaires.

« Dans le système actuel, il y a des choses à imaginer pour faire baisser les loyers ».Actuellement, le poste du logement représente souvent la moitié du budget d’un foyer, et même plus pour les étudiants.
Plusieurs pistes :
Taxer fortement l’héritage pour empêcher les maisons secondaires habités trois semaines dans l’année.
Réaliser une taxe progressive, fonction du nombre de propriété.
Fixer un prix par mètre carré moyen et surtaxer les propriétaires qui fixent leurs prix au dessus
Limiter la spéculation lors des ventes de bien immobilier.

« Il ne faut pas perdre sa vie à la gagner » pose la question du temps de travail rapport à nos dépenses. Il y a deux origines à la richesse : le travail et le capital. La richesse créée uniquement à partir de capital est de la spéculation. On crée de la valeur à partir de la valeur.
Pour éviter cela, il faudrait un office publique de gestion du logement. Il faut bien sûr financer cet office. Cet office peut être financé avec une socialisation dans des secteurs économiques importants.

« Il faut lier la propriété au travail » car la première vient du second. Il faut réduire le travail à ce qui est suffisant.
La taxation c’est rester dans le système.

« Dans notre société, on veut toujours plus ». Pour ne pas permettre l’accumulation, il faudrait limiter le désir de progrès. Il y a un progrès qui satisfait mieux nos besoins et un autre qui en crée de nouveaux. Il faut faire un choix. De la même manière pour l’héritage, il est illégitime dans la transmission qu’il réalise. Il faut le limiter.

« Si l’on assure à chacun la satisfaction de ses besoins fondamentaux, il ne faut pas priver de liberté d’accumuler. »

« Dans mon pays, au Brésil, les gens se contentent de peu. » Pour être heureux, il n’est pas nécessaire d’avoir une quantité de bien importante.

« Permettre de satisfaire les besoins de chacun, ça s’appelle le service public ». La grande question, c’est le financement.

« Un entrepreneur marseillais a un patrimoine de plus d’1,5 milliards d’euros ». Il faut aller plus loin que juste permettre des besoins minimum. Il faut limiter la folie.

« On voudra toujours vivre mieux » et tant mieux. Il faut comprendre que mieux n’est pas forcément plus. Il ne faut plus fonder le bonheur sur un concept matérialiste, sur un bonheur matériel. Il faut arrêter avec la haute idée qu’on a du progrès, sortir de l’utopie progressiste.

« La propriété crée l’innovation ». Le fait que l’on puisse s’enrichir nous pousse à le faire. Et les gens autour de ceux qui s’enrichisse reçoivent les externalités positives. Du vice née la vertu.

« Si tous le monde vivait comme nous, il faudrait 4 planètes ». Il faut repenser tout.

« Il y a une différence dans l’appréciation ». Dire que les externalités positives découlent sur les autres est faux. Elles sont accaparés.

« Notre génération vit moins bien que la précédente. » Il y a un réel problème au niveau du travail. Pas assez de travail pour tout le monde.

« La décroissance ne doit pas être imposé. » La décroissance est avant tout une philosophie plus qu’une politique. La première des décroissances doit être celle des inégalités.

« A qui profite la recherche ? ». C’est en grande partie la recherche qui crée de nouveaux besoins. A un produit nouveau, il y a un besoin nouveau. Il faut choisir ce qu’on veut que recherche la science pour contrôler ce qu’elle trouve.

« Il y a une réflexion a mener sur la révolution informationnelle. » Une partie des biens et services sont maintenant (potentiellement) immatériel (livre, logiciel, musique, visioconférence…). Ces biens immatériel ont la possibilité d’appartenir à une personne sans en déposséder une autre. On peut les partager de manière non exclusive. Cette révolution appuie le fait que le bonheur n’est pas lié à l’accumulation du capital.

« Le patrimoine au niveau mondial n’est détenu qu’à 2 % par les femmes » Il y a donc aussi une inégalité au niveau des sexes.

« Notre argent appauvrit » Le cercle vertueux est une idée absolument fausse. Par notre consommation, on opprime une partie des peuples du Sud qui jadis se passait plutôt bien de nous.

« Il faut un débat national démocratique sur nos besoins ». On doit définir ensemble les besoins que l’on trouve fondamentaux et on doit les assurer pour chacun. On doit après ce choix ne produire que ce dont on a besoin.

« Les femmes sont naturellement moins intéressées par le pouvoir » Elles sont donc moins intéressées par la propriété et moins propriétaires.

« Sur un jeans à 100€, seul 10€ représente les coûts de production ». Le reste c’est en grande partie du marketing. Le marketing, c’est casser de façon organisée la façon de gérer nos priorités.

« Je suis contre l’idée d’avoir une politique de sélection collective des besoins ». Il faut se méfier de l’Etat. Qui a mis en place le nucléaire en France. L’Etat. Il faut éviter de lui donner trop de pouvoir.

« L’Etat n’est pas une personne ». L’Etat a pour objet la défense de l’intérêt général. Il semble évident que si nous souhaitons un choix collectif pour de grands domaines (besoins, économie, énergie…), nous voulons aussi que l’Etat, qui est chargé de mettre en application ces décisions, soit lui aussi différent. Nous ne voulons plus que l’Etat soit représenté par une personne. Il faut que l’Etat soit un collectif. Le peuple n’a pas été consulté par rapport à la mise en place du nucléaire.

« Le choix du nucléaire doit être un choix collectif ». On doit débattre des avantages et des inconvénients puis décider ensemble.

[Un thème de débat est proposé pour un jour prochain : « Démocratie et Développement » ]

« On devrait utiliser le progrès technique pour travailler moins ». Depuis le début de la production humaine le progrès nous a fait produire plus avec autant. On devrait plutôt utiliser ce progrès pour produire autant en travaillant moins. Cet usage du progrès technique a raréfié le travail. Il faut changer cela et partager le travail. Le bien-être pour tous va avec le partage du travail. Le mot décroissance est trop péjoratif. Utilisons plutôt suffisance.

« Nous ne sommes pas libres » Il n’est possible d’être libre que si on est conscient de tout (lors du processus de production notamment).

« Pour décider collectivement de nos besoins, il faut avant tout se baser sur nos ressources ». Cela semble illogique de faire l’inverse. Il y a des choses que tous le monde devrait avoir au minimum.

« Certains salaires sont irréels ». Il y a des salaires beaucoup trop hauts. Il faut les limiter.

« Le peuple doit posséder mais aussi décider ». Et puis pourquoi la démocratie s’arrêterait à la propriété ?

« Il faut se partager le progrès technique » Le progrès technique permet de gagner en bien-être. Il faut décider ensemble de comment se répartit ce progrès. « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ».

« Même pour les libéraux, certains investissements ne peuvent pas être fait par le Privé.»

« Une classe sociale se réfère toujours à la classe au dessus » Il faut brider ou conscientiser les classe hautes (adoption d’une éthique) et tout ira mieux. Intéressant à lire : Zinn Howard Une Histoire populaire des Etats-Unis.

« On rentre dans un monde tellement nouveau que tout le monde est perdu » Le mouvement de démocratie réelle commence à faire peur aux dirigeants. Il faut continuer et amplifier la  peur.

« Si il y a une décision prise à 51% contre 49%, ce n’est pas une bonne décision ». Le consensus absolu n’est pas non plus une bonne chose car il peut empêcher de prendre des décisions à cause d’une personne.

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