CR de débat

Débat du mercredi 8 juin sur une société alternative
(Rapporteur : Patrick)

– Le débat s’engage sur la sortie de notre société du travail pour s’engager sur le chemin d’une société du temps libéré.
Pour commencer il faut que tout le monde travaille mais très peu, juste le nécessaire pour assurer les besoins fondamentaux à la survie matérielle de la société. Le temps ainsi libéré des contraintes économiques sera un espace de liberté pour chacun d’entre nous où l’on pourra cultiver son épanouissement personnel par la convivialité, la solidarité, la créativité, et bien d’autres choses encore……..

– La force de travail ce sont les êtres humains qui la fournissent et au fil du temps et du progrès technique elle est de moins en moins nécessaire. Des emplois disparaissent et des gens souffrent du chômage.

– Le progrès technique doit être au service du progrès social et non de la rentabilité.

– On ne peut évoquer le thème du travail sans évoquer celui de la consommation. Si nous consommons moins nous travaillerons moins. Evitons le superflu et concentrons nous sur le suffisant.

– C’est ce qu’on appelle la simplicité volontaire : « consommez moins pour mieux vivre ». Ce peut être une voie, mais elle peut être vue plus comme une conséquence du changement que comme sa cause. C’est-à-dire que nous consommerons moins parce qu’il aura été mis en œuvre une réduction massive de la durée de travail et un partage équitable des richesses.

– Il faut être très attentif dans la baisse de consommation. Il faut définir clairement et démocratiquement le superflu et le nécessaire. La décroissance doit être sélective, ce sont les riches qui doivent moins consommer et pas les pauvres.

– Oui, il faut faire très attention à la simplicité volontaire et veiller à ce qu’elle soit vraiment volontaire. Le système capitaliste a une technique infaillible pour réduire la consommation : transformer un produit courant en produit de luxe, si tel est son intérêt.
Par exemple le pétrole qui devient rare et qui pollue. Comme le capitaliste veut continuer à se déplacer vite et dans le confort ainsi qu’à respirer de l’air pur il va jouer sur le prix de l’essence. Un litre d’essence à 50 euros limitera les déplacements en transport individuel aux seules personnes qui en auront les moyens financiers. On construira moins de voitures et les bénéfices se feront toujours sur un autre produit de masse (transport collectif de mauvaise qualité mais rentable par exemple).
Le capitalisme peut être écologique mais il restera toujours inégalitaire.

– En ce qui concerne la répartition équitable des richesses, c’est l’état qui doit intervenir et son outil c’est l’impôt. C’est lui qui peut permettre une juste redistribution des richesses produites. Il faut revenir à un système où c’est l’état qui reprenne la main sur la finance.

– Il se pose alors la question de l’argent. Aujourd’hui il n’est que virtuel et ne repose que sur des dettes ; l’argent fabrique de l’argent alors qu’il ne devrait servir qu’à l’échange.

– Il faut réfléchir à la question de l’impôt. L’impôt confiscatoire au dessus d’une certaine limite d’accumulation peut paraître une solution raisonnable pour une juste répartition des richesses. Mais si on reste dans un système capitaliste qui pour perdurer encourage fortement l’enrichissement personnel il y aura alors contradiction entre l’injonction « enrichissez vous et toute la société en profitera » et le fait de taxer à 90% celui qui aura obéi à cette injonction.
Dans ces conditions l’impôt confiscatoire ne peut être mis en place que sur une brève période (les trente glorieuses) avant que la logique du système demande une baisse des impôts.
Au lieu de taxer l’accumulation ne vaudrait il pas mieux agir en amont et faire en sorte de rendre impossible cette accumulation excessive ?

– Il faut aussi poser la question de l’état : en faut il un, et si oui qu’est ce que l’état ? L’état c’est nous et pas seulement des institutions. La question de la démocratie est essentielle : sans démocratie réelle le changement est impossible.

– Mais comment faire pour franchir le mur de l’égoïsme des hyper riches. Ils n’accepteront jamais de partager autre chose que des miettes ; comment éviter ou répondre à la violence prévisible de leur réaction ? Le pacifisme est il une option valable dans ce contexte ?

– C’est à partir du moment où les châteaux ont brulé que les nobles ont accepté d’abandonner leurs châteaux.

– Si on est pacifique on ne doit pas accepter de se laisser matraquer. Si on veut nous déloger d’une place il ne faut pas insister ; il faut partir avant la violence policière et aller occuper une autre place et ainsi de suite. Une sorte de guérilla pacifique.

– Il faut en revenir à des notions très simples : l’économie doit être basée sur les ressources humaines et naturelles et l’argent être en adéquation avec les besoins. C’est-à-dire qu’il ne doit servir qu’à l’échange et rien qu’à cela.

– On pourrait peut être permettre une certaine limite d’accumulation pour permettre la production d’un nouveau produit. Cette permission doit être accordée après une concertation démocratique sur la revalorisation de nos besoins.

– Pour en revenir à l’état : « qui a le savoir à le pouvoir ». Démocratisons le savoir et nous aurons alors un état démocratique ou peut être n’aurons nous plus besoin d’état.

– La hiérarchisation de la société est elle une fatalité ? Il ne doit pas y avoir de paroles au dessus des autres.

– Nous sommes ici dans une expérience démocratique où toutes les paroles se valent, toutes les pensées sont légitimes. Tout ce qu’on sème actuellement on le récoltera plus tard.

– Il faut sacraliser l’espace rural, inventons un pacte qui ne donne plus le droit d’empiéter sur les terres cultivables.

– Pour cela il faut repenser la ville dans la verticalité pour préserver l’espace rural.

– Non, il faut plutôt voir la ville dans l’horizontalité : des maisons individuelles avec chacune leur petit lopin de terre.

– Il y a suffisamment de place et de ressources dans ce monde pour que chacun puisse s’épanouir. C’est l’inégalité qui crée le déséquilibre et l’injustice.

– Oui il faut une alternative, une société où chacun doit pouvoir vivre à sa convenance, où chacun se sente à sa place et où chacun aura la réelle possibilité d’en changer si celle-ci ne lui convient plus.

– Il peut surgir un grave problème si chacun a vraiment la possibilité de faire ce qu’il veut. Plus personne ne voudra travailler, surtout pour les travaux indignes et ingrats (éboueurs par exemple. La société tombera alors dans le chaos

– Le travail est une activité improbable dans le sens où il est désigné par la société comme indigne. On se trouve là dans la dimension fondamentale du travail vécu comme contrainte car personne ne veut le faire. Il est réservé à une catégorie de la population que l’on considère comme insignifiante. A l’autre extrémité de l’échelle il y a ceux qui dominent économiquement comme intellectuellement. Ceux là ne travaillent pas car ils se sont proclamés les « excellents » de notre société et ils ne peuvent s’abaisser à des tâches aussi basses.

– Dans une société alternative où tout le monde travaille, c’est-à-dire où tous participent aux activités nécessaires à la survie matérielle de la société, il n’y aura plus d’excellents ni d’insignifiants, il n’y aura que des partenaires. Ces travaux nécessaires et pas toujours agréables ne représenteront plus en terme de temps qu’une toute partie de la vie de chacun. Se soustraire à ces quelques heures de travail hebdomadaires ce serait s’exclure de cette société paisible libérée en grande partie de la contrainte, de la subordination et de l’inégalité.

– En créant un sens existentialiste à la société on libère du temps pour l’amour, le respect, la spiritualité, la créativité, l’émotion, la convivialité, la solidarité et même pour l’ennui et la lenteur.

– Soyons reconnu pour ce que l’on est et pas seulement pour ce que l’on fait ou ce que l’on a.

« Este mundo esta embarazado de otro mundo posible »
(Ce monde est enceint d’un autre monde possible)

Eduardo Galeano

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